Art et Paix

Aimé Mpane à l’Espace Saint-Pierre

Aimé Mpane à l’Espace Saint-Pierre

TRANSPLANTATION, SOLO SHOW DE AIMÉ MPANE ET EXPÉRIMENTATIONS

Du jeudi 23 au dimanche 26 mai 2019, Espace St Pierre – Senlis (60)

Cette exposition est le fruit du travail de l’artiste Aimé Mpane accueilli dans le cadre de la résidence internationale La Fabrique de l’Esprit®, réalisée en partenariat avec l’Institut Français à la Cité Internationale des Arts de Paris du 10 janvier au 9 avril 2019.

TRANSPLANTATION présente des œuvres de l’artiste d’origine congolaise Aimé Mpane à l’espace Saint Pierre de Senlis. Peintre et sculpteur, le bois est le matériau qu’il affectionne le plus, faisant de cette essence un médium d’excellence dans la finalité artistique de sa réflexion. Il va jusqu’à comparer les caractéristiques du bois, ses différentes strates, avec les différentes couches de notre épiderme. L’assimilation bois et chair apparait très clairement. Le bois lui permet d’aborder des sujets complexes comme la corruption, la prostitution enfantine ou bien encore la cause des migrants, le rapport à la chair permet quant à lui, de les rendre tangibles, d’y apporter la sensibilité nécessaire et préalable à la prise de conscience de ces réalités.
Aimé Mpane est un artiste de la collection Francès, exposé pour la première fois en 2013 lors de l’exposition Carnaval. Cette exposition inaugure une réflexion autour de la transformation. « Carnelevare » (ôter la chair), ou « Incarnare » (revêtir la chair), par le masque traduit la manière dont sculpte Aimé Mpane: enlever la chair du bois par le biais de l’herminette et en révéler les structures et caractéristiques sous-jacentes. Jouant avec l’esthétique du masque, il met en œuvre un jeu de facettes, passant du fictif au réel et vice versa. Vouloir arborer le masque est aussi le moyen d’accéder fictivement au changement, à une nouvelle personnalité, une nouvelle vie. Il est très souvent question des origines congolaises de l’artiste, de la dictature et d’un peuple en quête de justice ou d’utopie dans un autre pays, une autre terre.

Le titre de cette exposition contient une double signification. Le préfixe « trans » souligne un passage et un mouvement, tandis que « planter » ancre physiquement une action, un objet ou une personne dont l’objectif est d’aboutir à une évolution ou à une croissance. Il y a bien cette question d’appartenance à une « terre » originelle que l’on quitte pour se développer autrement, dans l’espoir d’un succès, du passage d’une terre à une autre. Ainsi, Transplantation s’intéresse avant tout au territoire et à l’humain, c’est d’ailleurs une préoccupation majeure d’Aimé Mpane à travers la question de la migration dans des situations d’urgence, qu’il s’agisse des migrants, des réfugiés ou des exilés. Il aborde les faits et contextes qui sont à l’origine de ces déplacements : la guerre, le génocide, la politique, l’économie. La migration existe depuis la nuit des temps. Elle fait partie intégrante de notre condition, vécue différemment par les populations pour des raisons et des pratiques souvent très variées.

Transplantation s’intéresse à ces populations qui changent radicalement de territoire et dont les pratiques, coutumes, pensées et langages s’en trouvent profondément bouleversés. En constatant très souvent que le premier exil pour ces personnes est la langue. Abandonner sa langue maternelle au profit d’une autre est le plus souvent un gage de survie. Et les liens sociaux et culturels dans un nouveau pays se nouent volontiers au sein d’un cours de langue organisé par des associations caritatives.

En partant de cette migration des populations venant se « transplanter » sur des terres d’accueil, il est alors intéressant d’établir une correspondance avec le sujet de la transplantation d’organes.
L’objectif est d’ailleurs commun : impulser la vie grâce à l’accueil d’un nouvel organe ou à l’arrivée sur un nouveau territoire et permettre ainsi de « sauver sa peau ». Le schéma est identique incluant un donneur et un receveur. Par conséquent, une interaction saine entre deux corps devient vitale pour permettre une intégration acceptable. Et quelles conditions doivent être réunies pour que la transplantation soit réussie ? Un projet aussi important que de créer une nouvelle vie dans un corps réinventé tant sur le plan social, politique, économique et culturel. Au cœur de cette exposition, une catastrophe humaine contemporaine convoquant une réflexion attentive de ces situations d’urgence desquelles nous sommes si souvent spectateurs. Comprendre et éprouver de la sollicitude pour celui qui est enlisé dans ses difficultés est un premier pas pour défendre une humanité en détresse.

L’exposition fait écho à « Mémoire de l’Oubli », de Kader Attia, présentée à la Fondation Francès.

Découvrez le communiqué de presse de l’exposition ici

PROGRAMMATION

Des temps de rencontres avec l’artiste et des professionnels de l’art, ainsi que des spécialistes de la transplantation à l’image du Professeur Devauchelle, chirurgien maxillo-faciale du CHU d’Amiens et auteur de la première greffe de visage sont organisés. Sur le plan expérimental, cette résidence internationale a permis d’organiser avec l’artiste des ateliers auprès des personnes migrantes. Une restitution et des rencontres sont d’ailleurs proposées pendant l’exposition.
Transplantation est aussi l’occasion d’accueillir des publics scolaires et universitaires, dont les collégiens et lycéens avec lesquels La Fabrique de l’Esprit® travaille toute l’année dans le cadre de dispositifs de l’éducation nationale. Enfin, les visiteurs bénéficient d’une médiation systématique et permanente.

 

Voir le site de l’artiste.

Pour suivre l’avancée de la résidence et du programmé éducatif, rendez-vous régulièrement sur notre site et nos réseaux sociaux : Facebook / Instagram

 

Visuel : Aimé Mpane, Kinoct 2011

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La Fabrique de la Paix – Aimé Mpane en résidence

La Fabrique de la Paix – Aimé Mpane en résidence

La Fabrique de l’Esprit®, membre des Clubs pour l’UNESCO, initie «La Fabrique de la Paix», en partenariat avec l’Ecole de la paix de Grenoble et ouvert à d’autres partenaires, pour mener à bien son programme couplé de résidences d’artistes et d’éducation artistique à destination des migrants.

La Cité Internationale des Arts, partenaire du programme de résidence, accueille ainsi l’artiste Aimé Mpane, de janvier à avril 2019. Le programme éducatif et artistique sera mené à ses côtés afin d’accompagner les migrants par l’expression artistique.

La résidence : Aimé Mpane

Né à Kinshasa au sein d’une famille d’artistes, le bois est son matériau artistique de prédilection. Formé à la peinture et à la sculpture à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa et à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Visuels de La Cambe à Bruxelles, il partage son temps entre ces deux capitales. Sa pratique se nourrit des allers-retours entre son Afrique natale et son Europe d’adoption. Son travail révèle les conséquences du colonialisme et de la mondialisation tant sur l’identité individuelle que sur l’identité collective. Il illustre, avec force et humanisme, son désenchantement face à des problématiques qui semblent aujourd’hui impossible à résoudre.

« Mon travail est essentiellement basé sur la compréhension, l’interprétation de l’humain dans toutes ses dimensions et son implication dans notre société. Le bois reste mon matériel de base. Influencé par l’état de fragilité de la matière-bois et de l’homme de son humanisme, il me pousse à explorer tous ses aspects techniques et émotionnels.

Ma résidence sera basée sur l’interprétation de toutes sortes de frontière territoriale (d’ordre imaginaire, culturel ou historique). Ces frontières territoriales peuvent privilégier l’égoïsme solidaire de nos sociétés, l’hostilité ou l’agressivité à l’égard des autres peuples. »

Voir le site de l’artiste.

Le programme éducatif

Cette année, le programme d’éducation artistique se concentre sur l’inclusion des migrants, et a pour ambition de favoriser leur intégration et de restaurer leur confiance par l’expression artistique, afin de révéler leur talent, et de les insérer dans la société. Un dialogue s’inscrira entre l’artiste et ses publics, pour faire jaillir la création comme acte d’émancipation.

 

Pour suivre l’avancée de la résidence et du programmé éducatif, rendez-vous régulièrement sur notre site et nos réseaux sociaux : Facebook / Instagram

 

Visuel : Aimé Mpane, Bombe à retardement, 2010, sculpture en allumettes, rations de sachet d’alcool et vidéo.

 

 

      

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Exposition Souffle à l’Église Saint-Pierre

Exposition Souffle à l’Église Saint-Pierre

Dans le cadre de l’exposition « Souffle » organisée par la fondation Francès à l’Église Saint-Pierre de Senlis, La Fabrique de l’Esprit propose des programmes éducatifs adaptés pour les enseignants du 11 au 17 octobre 2018.

« Une sélection d’œuvres de la collection Francès pour insuffler la vie. » Les œuvres de la fondation Francès seront exposées sur la thématique « Art & Paix ». Des artistes reconnus comme Kader Attia, Adrian Ghenie ou encore Christian Boltanski seront notamment exposés. A l’occasion du centenaire de la 1ère Guerre Mondiale, La Fabrique de l’Esprit propose ainsi un échange avec les élèves autour de la guerre et de la Paix par l’art contemporain.

 

Visites guidées pour écoles, collèges et lycées.

Visites focus sur une œuvre pour les plus jeunes.

Contact enseignant : marie@lafabriquedelesprit.fr / +33(0) 344 562 135

Visuel : Raphaël Denis, La loi normale des erreurs, 23 cadres anciens, graphite sur bois et huile sur toile, collection Francès.

 

 

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Journée internationale de la Paix 2018

Journée internationale de la Paix 2018

Ce vendredi 21 septembre 2018 est célébrée la Journée internationale de la Paix. En tant que Club pour l’UNESCO, La Fabrique de l’Esprit soutient cette initiative et perpétue son programme Art & Paix, car l’éducation est le pilier de l’épanouissement de chacun et d’une paix durable.

Le 10 septembre dernier, l’UNESCO accueillait à Paris la réunion internationale pour « faire revivre l’esprit de Mossoul », lors de laquelle la directrice de l’Unesco, Audrey Azoulay, expliquait les enjeux d’éducation et de culture pour ces régions au journal Le Monde :

« On veut contribuer à la reconstruction de l’Irak, en commençant par l’éducation et la culture, qui sont les conditions du rétablissement d’une paix durable et d’une réconciliation pouvant permettre le retour des réfugiés. On a choisi Mossoul, qui est un symbole de l’Irak dans sa diversité culturelle, intellectuelle et universitaire, et qui a été délibérément détruite. Il y a déjà beaucoup d’initiatives de la société civile. Nous voulons les aider en coordonnant des projets qui existaient de façon forte à Mossoul et en faisaient l’identité. Nous allons participer à la reconstruction humaine, là où l’Unesco a une valeur ajoutée – le patrimoine culturel, l’éducation et la prévention de l’extrémisme – et avec le multilatéralisme qui nous caractérise. »

Ces mots raisonnent pour La Fabrique de l’Esprit, qui souhaite poursuivre son engagement pour l’éducation artistique en faveur de la paix.

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#ClubUnesco – Exposition « Les mains de la Paix »

#ClubUnesco – Exposition « Les mains de la Paix »

Le Club Unesco de La Rochelle s’est associé à Séverine Desmarest et son projet « Les mains de la Paix ». Son exposition de photographies est actuellement présentée au Cloître des Dames Blanches de la ville, du 5 juillet au 21 septembre 2018.

L’exposition est une galerie de portraits de personnes célèbres ou anonymes œuvrant au quotidien en faveur de la paix.

La diversité de ses champs d’action illustre l’immensité des territoires à conquérir pour établir la mission de l’UNESCO. Lutte contre la pauvreté, prévention des conflits, développement durable, égalité des chances, défense des droits des femmes, éducation et protection de l’enfance constituent quelques-uns des combats pour un nouvel humanisme.

La Fabrique de l’Esprit, membre des Clubs pour l’Unesco, promeut cette exposition et invite à découvrir le traitement de la thématique de la paix dans l’art via les œuvres de la collection Francès.

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#ClubUnesco – Art & Paix #6

#ClubUnesco – Art & Paix #6

L’éducation des jeunes grâce aux représentations artistiques est une manière d’aborder des sujets sensibles ou de société. La Fabrique de l’Esprit® œuvre pour cette transmission originale grâce à la création contemporaine. Les artistes d’aujourd’hui considèrent très souvent leurs œuvres comme des actes de résistance, une manière de pointer du doigt les dysfonctionnements de notre époque. Aborder les œuvres de ce point de vue permet également, lorsqu’il y a projet avec un établissement scolaire, d’être dans une logique transversale des disciplines, car il y est question d’histoire, de littérature, de morale citoyenne…etc.

L’œuvre choisie pour illustrer cet article est celle de l’artiste ivoirienne, Valérie Oka. Son travail se concentre sur la place de la femme dans la société et son rapport à l’autre, qu’il s’agisse de l’individu mais également du groupe. L’intérêt de ce travail réside dans un discours percutant et violent autour de l’utilisation du corps de la femme. Valérie Oka le malmène et l’expose dans ses représentations les plus crues, dictées par les stéréotypes de notre société et en particulier par l’homme. Violences conjugales (« I promise to love you »), clichés sexuels (« Tu crois vraiment que parce que je suis noire je baise mieux »), humiliations et corps réduit à l’état d’objet sexuel sont au programme de son travail artistique. Par son héritage, elle défend les femmes noires mais aussi parce que l’histoire du colonialisme a laissé des traces indélébiles sur celles-ci, elles deviennent objets de fantasme et sont soumises à diverses manipulations.

En tant qu’artiste, Valérie Oka, se positionne avant tout comme une conteuse féministe de notre société occidentale, révélant les failles de notre pensée et de nos préjugés.

 

Par @lafabriquedelesprit, lafabriquedelesprit.fr, Senlis (France)

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#ClubUnesco – Art & Paix #5

#ClubUnesco – Art & Paix #5

L’art est une expérience sensorielle, émotionnelle et intellectuelle. La Fabrique de l’Esprit® sensibilise le public (scolaires ou particuliers) à capter les clés de lecture pour percevoir l’émotion esthétique que peut procurer une œuvre.

L’art vidéo est un médium intéressant pour cela car il permet une situation et une attention en direct. Le temps d’observation n’est pas le même et le temps de l’expérience également, il peut être double dans le cadre d’une performance filmée.

L’artiste guatémaltèque Régina José Galindo, née en 1974, a choisi son corps pour médium, pour dénoncer la violence de son pays, celle infligée aux femmes ou celle des polices répressives. Elle les filme pour nous prendre à témoin, nous rappeler ce que nous voulons oublier. En 2008, au Centre Culturel d’Espagne de Cordoba en Argentine, elle s’expose comme une œuvre d’art aux yeux des visiteurs. Une œuvre d’art inerte puisque l’artiste sombre dans un profond sommeil après s’être administrée un puissant sédatif. Placée sous un linceul blanc, elle ne réagit pas à la curiosité des visiteurs. Il y a ceux qui veulent immédiatement s’assurer qu’elle vit, qu’il ne s’agit pas d’un cadavre et s’approchent doucement. Il y a ceux qui la découvrent jusqu’aux épaules, pudiques comme des parents bienveillants, ceux qui dévoilent sa poitrine et son ventre, plus aventureux, ceux qui la dévoilent à moitié dans le sens de la longueur, inventifs et ceux qui enlèvent totalement le linceul, curieux. Face à cette représentation de la mort, c’est la vie qui nous revient en boomerang. La banalisation de la mort n’est plus banale lorsqu’elle est face à nous in vivo. L’expérience se vit à travers la performance dans un premier temps puis, grâce à la vidéo, cette expérience opère un constat sur notre manière d’appréhender la mort ou un corps inerte.

Par @lafabriquedelesprit, lafabriquedelesprit.fr, Senlis (France)

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#ClubUnesco – Ecole de la paix #6

#ClubUnesco – Ecole de la paix #6

Promouvoir un monde habitable

« Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix » (Acte constitutif de l’Unesco – 1945)

Nous sommes là, d’abord, au cœur du grand débat sur ce qui relève de l’inné ou de l’acquis dans le comportement humain. Mais, plus récemment seulement – ce qui prouve déjà qu’il y a bien une évolution par rapport à un habitus de guerre aussi vieux que l’histoire des hommes ! – on s’est interrogé sur la pertinence du concept de « culture de la paix » dans notre monde d’aujourd’hui. Et ceci a bien fait débat au sein de cette organisation des Nations-unies elle-même.

Difficile de contester, en tous les cas, que l’art et la culture font bien partie d’un processus de fabrication de l’esprit, précisément. Et le genre photographique, par ce qu’il capture de l’humain et les facettes qu’il en dévoile, à l’image de ce regard sur le génocide rwandais nous permet de passer d’une expérience visuelle à la recherche, peut-être inavouée, d’un projet de vie. C’est ce que prétend la philosophe Corinne Pelluchon lorsque, voulant fonder une « éthique de la considération » (*) elle explique qu’il faut « dépasser l’analogie entre le bien et le beau » qu’il s’agit d’« enclencher un processus civilisationnel. » L’art est la composante d’une éthique de la considération, cette attitude globale qu’elle pare de toutes les vertus au point d’affirmer que, tel le David de Michel Ange, « elle défie les forces qui s’opposent à la créativité et à la vie. »

Au terme de cette première approche du rapport entre l’art et la paix, ne faudrait-il pas aller jusqu’à se demander : quelle recherche, quelle évaluation est possible qui permettrait de mesurer de combien la pratique artistique, cette démarche culturelle, peut contribuer à faire avancer le niveau de vie, le progrès humain et le « vivre-ensemble » ?

(*) « Ethique de la considération » Editions du Seuil, janvier 2018

Par Richard Pétris, Président de l’École de la paix, Grenoble (38), France

Visuel : Vêtemetns de victimes, Murambi, Rwanda

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#ClubUnesco – Ecole de la paix #5

#ClubUnesco – Ecole de la paix #5

Augmenter la réalité

Saisissons nous de l’actualité la plus brûlante. Cette photo de la reprise de Mossoul au groupe Etat Islamique en Irak qui fait terriblement penser aux fameuses gravures de Jacques Callot montrant « Les misères et les malheurs de la guerre » pendant la Guerre de Trente-Ans, mais rappelle aussi d’autres tragédies de notre histoire moderne, méritait certainement de recevoir un prix ! On peut se demander ce qui a le plus compté pour l’attribution du Visa d’Or par le Festival de photojournalisme de Perpignan en septembre 2017 : le témoignage de la réalité des affrontements et des civils démunis ou la qualité technique et artistique de l’image ?

Les deux, à égalité probablement. Les artistes que sont ces photographes nous proposent, en effet, des travaux qui méritent incontestablement d’être qualifiées d’œuvres d’art en même temps qu’ils mettent en scène des réalités, des expériences qu’ils veulent partager et qui susciteront un intérêt plus ou moins chargé d’émotion, dans une démarche où il sera aussi question de goût. Il s’agit bien d’une création artistique.

Cela ne ressemble-t-il pas à ce processus de réalité augmentée que permettent les nouvelles technologies d’aujourd’hui, l’image photographique jouant, en quelque sorte, le rôle d’une interface virtuelle qui vient enrichir la réalité en y superposant des informations complémentaires ? Dans quel but? L’objectif de l’appareil du photographe est à celui-ci ce que sont, par exemple, le pinceau au peintre ou le ciseau au sculpteur, mais avec une proximité encore plus forte avec cette réalité. Cet artiste-là ne serait-il donc pas naturellement plus militant et, à travers un imaginaire davantage sollicité, plutôt orienté vers la paix ?

Par Richard Pétris, Président de l’École de la paix, Grenoble (38), France

Visuel : Laurent Van der Stockt, Les damnés de Mossoul, 2017

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#ClubUnesco – Ecole de la paix #4

#ClubUnesco – Ecole de la paix #4

Les actions de l’École de la paix

Le recours à la création artistique fait déjà partie de notre panoplie lorsque nous permettons à des enfants et des jeunes de s’exprimer, notamment, par le dessin, la peinture et la poésie.

En faisant peindre des enfants d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, l’un de nos partenaires, l’association Constellation, agit précisément pour leur développement humain, économique et culturel avec le « motto » : « L’art pour faire grandir et relier les enfants dans le monde ».

Nous avons directement mis l’art au service de la construction de la paix lorsque, d’une expérience en Colombie, nous avons fait une action d’éducation globale. En effet, nous intervenons dans une des régions les plus violentes du pays, l’Uraba, afin de lutter pour la vie et pour un développement respectueux des traditions et de l’environnement. Il s’agit d’un projet à dimension humaine, et au-delà de l’art pour l’art, d’être solidaire de la création d’un centre culturel dans cette région de Colombie où il constituerait une alternative à la culture de violence qui continue d’y sévir.

L’École de la paix choisissait également de fabriquer un outil pédagogique basé sur une série de six toiles de Kintana « Lettres noires ; calligraphie de l’origine » (cf dessin) qui est une représentation de l’aventure humaine dans son environnement, une allégorie, à la fois, du développement durable et du vivre-ensemble. L’artiste, pénétré de ses convictions, parlait bien, lui, d’un « camino por la paz », d’un chemin pour la paix.

Dans la grande promesse d’une culture de la paix qu’il faut fonder sans relâche, il est bien de notre vocation de montrer toute l’importance du rêve artistique pour accéder plus sûrement à la réalité de la paix.

Par Richard Pétris, Président de l’École de la paix, Grenoble (38), France

 

Visuel : Christine Spengler, Enfants nageant dans le Mékong, 1974, détail

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