#L’oeil éclos 10

La pièce noire (Kader Attia)

Un sentiment d’angoisse, dans cette pièce sombre aux issues dissimulées par des rideaux. L’envie de s’approcher de la seule source de lumière présente, dans le fond, petites tâches blanches nous apportant un certain réconfort, infime, mais nécessaire. Observer la rue, comme on le ferait, pour observer une scène interdite par le trou d’une serrure. Cette rue a l’air inaccessible, derrière cette fenêtre peinte de noir, si, loin, mais si près à la fois. Alors on se retourne, tâtonne jusqu’à la sortie, aveuglé par une tâche claire sur sa rétine. La lumière est de nouveau là, et une fois dehors, on retrouve notre vue. C’est une drôle d’expérience, effrayante mais aussi fascinante. Après on se dit qu’on aime, la lumière, on n’a plus envie de la quitter. On revient alors à notre vie d’homme libre.

 

Marine, service civique depuis mai 2019, 19 ans.

 

Visuel : Mémoire de l’oubli, Kader Attia, 2018, installation in situ.
À la fondation Francès jusqu’au 31 août 2019.

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