Actualités

#Vendredi lecture – Emmanuelle Polack – Le marché de l’art sous l’Occupation

#Vendredi lecture – Emmanuelle Polack – Le marché de l’art sous l’Occupation

Emmanuelle Polack, Le marché de l’art sous l’occupation, Édition Tallandier, 2019

 

« L’art est l’expression de la société et s’il n’est pas là pour son perfectionnement, il y sera pour sa perte. » Proudhon.

 

Le marché de l’art français pendant la Seconde Guerre mondiale fut en effervescence constante. L’offre et la demande affluent de toute part, qu’elles proviennent des particuliers ou des professionnels, démontrant l’instabilité monétaire qui règne. Le système hitlérien est au cœur de ce commerce et dirige toutes les opérations, secondé par le régime de Vichy. De nombreuses expositions et ventes ont lieu, atteignant des prix records, telle que la vente du Docteur Viau. C’est ainsi que les lois édictées par l’ennemi et Vichy changent le climat artistique et montrent toute l’ampleur du collaborationnisme français à cette époque. L’art, et la peinture en particulier, devient une valeur refuge et un investissement considérable faisant apparaitre une spéculation sans précédent.

 

Un véritable réseau de marchands se crée autour des spoliations, et c’est ce que démontre l’auteure, Emmanuelle Polack, dans cet ouvrage qui a donné lieu à une exposition éponyme au Mémorial de la Shoah du 20 mars au 3 novembre 2019. De manière chronologique, elle retrace le processus de confiscation mis en place par l’occupant allemand en France : la première pierre posée à l’édifice d’une politique de spoliation des biens juifs. D’emblée, nous découvrons le rôle important d’un lieu emblématique de Paris, le Musée du Jeu de Paume, le « musée des confiscations« , où se jouent des scènes invraisemblables, d’échanges entre marchands français et allemands, ou de dirigeants haut placé tel que Goebbels, entre œuvres anciennes et modernes dites « dégénérées ». Mais également la mise en place d’organismes particuliers comme l’ERR (Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg) qui centralise les butins au Jeu de Paume pour le musée de Linz, imaginé par Hitler en personne.

 

Méticuleusement, Emmanuelle Polack nous permet de découvrir les dessous de certaines ventes, en particulier à l’hôtel Drouot, avec des chiffres précis et la reconstitution historique des transferts et mouvements des œuvres, en France et en Suisse. Ainsi que la triste réalité que vivent les galeristes et marchands d’art moderne d’origine juive.

 

Une épopée dramatique relatant les agissements véreux d’intermédiaires et de marchands peu scrupuleux, pour enfin clore sur la récupération et la restitution des œuvres. De cet après qui reste en suspens à notre époque, où de nombreux musées regorgent d’œuvres dites « MNR » (Musée Nationaux Récupération) en attente de leur propriétaire légitime, reflétant l’indolence d’un gouvernement attendu, encore aujourd’hui, sur ces questions.

 

Note sur l’auteure

Emmanuelle Polack, docteure en histoire de l’art, est spécialiste de l’art sous l’Occupation et des recherches de provenance des œuvres volées lors de la Seconde Guerre mondiale. Elle a été entre 2013 et 2017 experte internationale au sein de la « Task Force Schwabinger Kunstfund » et chercheuse associée à l’Institut national d’histoire de l’art. Elle a été en 2017 lauréate du prix Berthe Weill pour la recherche.

Publié par dans Actualités
Un parcours, une œuvre – Malebona Maphutse – Institut français

Un parcours, une œuvre – Malebona Maphutse – Institut français

 

L’Institut français revient sur le parcours, les œuvres et la résidence de Malebona et à la Cité internationale des arts à Paris et à La Fabrique de l’Esprit. Bien qu’écourtée en raison du contexte, la résidence internationale de Malebona Maphutse qui s’est déroulée de janvier à mars 2020 nous a permis de l’accompagner et de comprendre son travail.

Aujourd’hui, l’Institut français opère un focus sur l’une de ses œuvres: Kings of corruption (Biscuit Heads), 2020, peinture sur toile, 146 x 110 cm.

Avant de procéder à sa description, il retrace l’enfance et le parcours artistique de Malebona, qui nous permet de comprendre le processus créatif de Kings of corruption.

« Née en 1994 à Johannesburg, Malebona Maphutse y passe son enfance et son adolescence. Victime de racisme à l’école, elle trouve une échappatoire dans l’art et la danse. Elle intègre par la suite à l’Université du Witwatersand à Johannesburg où elle étudie l’art jusqu’en 2017. C’est en 2018 qu’elle intègre la Bag Factory Artists’ Studio dans le cadre de sa première résidence. Elle gagne en visibilité la même année à la Biennale de Berlin puis l’année suivante à Porto grâce à Rampa, une association dotée d’un espace d’exposition ».

L’Institut énumère la pluralité de matériaux utilisés pour la création de ses œuvres (peintures sur toile, lin, plâtre, acier…) et l’utilisation de la vidéo comme média, comme pour Mamoloyi : A Revival (2017), découvrez notre article sur cette œuvre mêlant images, enregistrement et vidéos ici.

Vient ensuite la description de l’œuvre Kings of corruption (Biscuit Heads). Sensible à l’histoire du Congo, ancienne colonie belge, Malebona symbolise ici les violations perpétrées encore aujourd’hui contre un pays officiellement libéré en 1960. Elle utilise pour ce faire les trois couleurs du drapeau belge (rouge, jaune et noir) afin de décrypter chacune d’entre elles et de représenter le pays en trois parties.

 » La première bande est occupée par un immeuble de Kinshasa montre matériellement ce passé colonial.

La deuxième représente le Roi Léopold II, entouré d’armes orientées dans sa direction, signe de la violence qu’il a généré dans le pays avant de faire du Congo une colonie.

La dernière bande laisse figurer des soldats belges, alignés, démonstratifs d’une « fierté associée au patrimoine de Léopold II en Belgique » ».

L’Institut français décrit cette œuvre comme étant le reflet des pensées qui ont accompagnées Malebona lors de ses voyages en Europe, plus particulièrement en Belgique, au Pays-Bas et en France en 2019 et 2020. Elle a eu l’occasion d’observer la manière dont les pays occidentaux abordent leur histoire coloniale. La fierté apparente sous couverte pourtant d’une infinie violence est un sujet qui l’a toujours choqué.

Cette œuvre a été exposée à la Triennale de Stellenbosch de février à avril 2020, événement auquel Malebona a participé. Découvrez notre article sur l’aller-retour de l’artiste de Paris où elle était en résidence à Stellenbosch ici.

Lien de l’article original en anglais ici.

Publié par dans Actualités
#L’œil éclos n°21

#L’œil éclos n°21

 

Marilou, 23 ans, en service civique avec La Fabrique de l’Esprit® nous offre son regard sur les œuvres de la collection Francès.

◊ Christine Spengler, Enfants nageant dans le Mékong, 1974, édition non limitée, 68.5 x 99.5 cm © Collection Francès

Le soleil est au zénith, la température de l’eau est idéale, presque trop chaude pour se rafraîchir, les rires résonnent sur les abords du fleuve. Ces enfants passent un bel après-midi, ils plongent dans le Mékong, s’y baignent et jouent. Ils n’ont aucune idée de l’heure qu’il peut être. Cela n’a pas d’importance.

Avec quoi jouent-ils ? Ces formes cylindriques nous apparaissent à première vue comme étant des tuyaux de fer, puis se révèlent être en réalité des obus, vidés de la matière explosive qu’ils contenaient. Se dessine ensuite ce fil de barbelé au premier plan, flou certes mais bien visible. De l’autre côté du barbelé, la violence. La scène prend une toute autre dimension, et finalement, cela n’a pas d’importance non plus. On entend toujours les éclats de rires dirigés vers le barbelé, presque en signe de défiance. Différentes armes s’opposent. Les gouttes d’eau éclaboussent ces corps pleins de vie et quelques sourires édentés témoignent du jeune âge des enfants. Les plus grands veillent sur les plus petits. On pourrait ne voir que leurs yeux, on saurait qu’ils rient en chœur et aux éclats.

Fraternité, insouciance, innocence. Et si le monde cruel et insensé des adultes ne pouvait leur voler leur enfance ? Plus rien d’autre ne compte. Seulement la puissance de leur regard et de cet instant, immortalisés. C’est un beau moment pour vivre intensément, ne se soucier que du présent, seul temps qui existe véritablement. Cette image n’est autre qu’une leçon de vie, une représentation authentique de la vitalité, de la force, du jeu et de l’innocence.

Christine Spengler dépeint la guerre et l’exorcise. Cette photographie a été prise avant la fin de la guerre civile cambodgienne (1967-1975), alors que le fleuve était contrôlé par les Khmers rouges.

Publié par dans Actualités
Aimé Mpane – Le Soir

Aimé Mpane – Le Soir

Jean-Marie Wynants, chef adjoint au service Culture du quotidien belge Le Soir propose de découvrir la pratique créative de cet artiste « discret et chaleureux ». Mêlant à la fois inspirations et techniques différentes – cultures africaines et occidentales et peinture et sculpture -, l’artiste crée un savant mélange qui ne manque pas de se diffuser dans le monde entier, marquant l’art contemporain.

Il s’est rendu pendant confinement à Nivelles, loin de son atelier situé à Bruxelles. Cela n’a pas paralysé sa créativité, bien au contraire. Les activités qu’il a pratiqué sont empruntes d’un positivisme à toute épreuve. Une période mise à profit pour s’adonner à la méditation, se rapprocher de la nature, se recueillir et se retrouver autour d’un processus introspectif et créatif.

« Je pédale beaucoup et je dessine ce que je respire ». Aimé Mpane est parti à la découverte ou plutôt à la redécouverte de la campagne wallonne marquée par un paysage fleurissant, œuvre merveilleuse du printemps.

Retrouvez son poème et les dessins à l’encre qui en découlent et imprégnez-vous de cette saison symbole de renaissance, de renouveau et de vie.

Retrouvez le parcours et certaines œuvres d’Aimé Mpane dans la collection Francès. Vous pouvez aussi suivre l’actualité de l’artiste via sa page Instagram @mpane.aime.

Publié par dans Actualités
#L’œil éclos n°20

#L’œil éclos n°20

Karl, 26 ans, en stage régie collection, nous offre son regard sur les œuvres de la collection Francès.

 

Mark Cohen, Karate Stance, Wilkes-Barre, PA, 1977, Ed. 7/8, Dye transfer print 35,5 x 43,2 cm © Collection Francès

Mark Cohen pratique dans les années 70 la « street photography » en déambulant dans sa ville de Wilkes-Barre en Pennsylvanie. Sa démarche s’inscrit alors littéralement dans les rues et témoigne de ses rencontres avec les passants et les habitants. Le décor de ses photographies est alors avant tout l’arrière-plan de cette entrevue entre l’artiste et son sujet. Le spectateur, pris à partie face au tirage prend le rôle du photographe et se trouve téléporter face à cette personne qui a accepté de se donner à voir.

 

Dans Karate Stance nous rencontrons un jeune garçon qui prend la position d’un karateka peu crédible malgré le sérieux de son regard. Un jeu se met alors en place dans cette image. Dans le cadre très réaliste d’une ville moyenne américaine le garçon imite ses héros issus tout droit des films de Bruce Lee. Son attitude vient casser la banalité de cette rue pour instaurer un moment de fiction orchestré par ce jeune homme. Cette photographie développe dès le premier coup d’œil un sentiment empathique grâce à ce geste d’enfant, libre et énergique, apte à créer un univers héroïque au milieu du chaos. Elle nous renvoie à ces jeux d’enfants, ou chacun imitait ces personnages admirés dans des films ou des bandes dessinées. La photographie prend alors ici son rôle d’image-souvenir et met en valeur une innocence jouissive pour le photographe et le spectateur.

 

Pourtant, cette image n’est pas nostalgique, encore aujourd’hui, elle provoque un fantasme et projette le spectateur dans l’image, incarnant ce garçon. Lui-même joue avec l’objectif de l’appareil pour stimuler cette attraction, l’appareil devient une cible que son mouvement atteint. Mark Cohen capte la spontanéité de l’enfance, un caractère effronté qui se joue dans la rue, il photographie un geste si près qu’il semble effleuré ses sujets, prendre part à ce fragment de vie.

Publié par dans Actualités
Art Newspaper – Africa 2020

Art Newspaper – Africa 2020

Le Art Newspaper – Édition Française (Numéro 18) a récemment publié dans son dernier numéro mensuel, deux articles mettant en lumière le rôle de l’art au service de la reconnaissance féministe. Ce point plutôt large est étudié au travers de plusieurs territoires du continent africain : le Maroc et l’Afrique de l’Est. La Fabrique de l’Esprit décide à l’occasion de sa participation au festival Africa 2020 de dévoiler ses coups de cœur, ce qui permet à la fois de sensibiliser et questionner l’opinion publique sur la place des femmes dans nos sociétés par le biais de l’art :  « Être artiste et femme au Maroc » par Olivier Rachet et « Les Transgressions formelles de Billie Zangewa » par Anaël Pigeat.

 

Être artiste et femme au Maroc – Olivier Rachet

D’abord exclues, non-représentées ou chosifiées, les artistes marocaines dans le monde de l’art contemporain sont aujourd’hui utilisées comme sujet désirant. Le phénomène d’émergence des mouvances inclusives engage dans certains cas la discrimination positive. Dans son article, Rachet considère que de mettre exclusivement les femmes à l’honneur ne permet pas d’avancer dans une lignée égalitaire mais converge davantage vers une manipulation des inégalités sociales et sexuelles : « Le musée Mohammed VI d’Art moderne et contemporain avait, sous le titre « Voyage aux sources de l’art » regroupé trois artistes femmes – Chaïbia Talal, Fatima Hassan et Radia Bent Lhoucine – en raison de leur soi-disant appartenance à un art qualifié de naïf, car autodidacte ; ce qui soulèvera l’ire du milieu artistique » . Rachet parle alors de la part féminine comme « part maudite », une partie sacrifiée des échanges. La femme artiste est ainsi généralisée et dépourvue de singularité artistique: « De fait face aux enjeux d’une société marocaine tiraillée entre conservation et aspiration à plus d’émancipation ». C’est alors que des artistes comme l’artiste pluridisciplinaire Amina Benbouchta, la vidéaste Ymane Fakhir ou encore la plasticienne Safâa Erruas développent au travers de leur œuvre conceptuelle et métaphorique, une sensibilité aigüe qui permet d’aborder et de questionner les enjeux tels que l’avortement clandestin et les inégalités sociales auxquelles les femmes sont confrontées encore aujourd’hui au Maroc.

 

Les Transgressions formelles de Billie Zangewa – Éditorialiste du mensuel The Art Newspaper Édition Française Anaël Pigeat

 

L’artiste Billie Zangewa originaire de Malawi réside depuis plus de vingt ans dans la capitale de l’Afrique du Sud. Spécialisée dans la création textile, l’artiste explore les thèmes universels en se basant sur les scènes de la vie quotidienne. Actuellement exposée à la prestigieuse Galerie Templon à Paris, l’artiste dépeint dans une série intitulée Soldier of Love, les scènes de la vie domestique ou comme elle préfère l’appeler, le féminisme au quotidien. Ainsi, les œuvres démontrent une dualité entre fragilité dans l’apparence déstructurée des tissus et force sans précédent dans la position centralisée de la protagoniste.

Soldier of Love, 2020
SOIE BRODÉE
110 X 135 CM
43 1/4 X 53 1/8 IN
© Galerie Templon
___
Ces scènes permettent d’explorer l’engagement politique en illustrant la vie personnelle de l’artiste. L’artiste elle-même sujet de ses œuvres, elle soulève au travers de ces moments d’intimité des questionnements sur la place de la femme noire dans nos sociétés. Son intimité permet de subvertir à travers une simplicité intrigante, le régime patriarcal instauré en aboutissant à l’ultime acte de résistance : l’amour-propre.

Return to innocence, 2020
SOIE BRODÉE
110 X 49 CM
43 1/4 X 19 1/4 IN
© Galerie Templon

Visuel couverture: In mi solitude, 2018, SOIE BRODÉE, 111 X 150 cm, 43 3/4 X 59 IN © Galerie Templon
Publié par dans Actualités
#Vendredi Lecture – Le pont des arts

#Vendredi Lecture – Le pont des arts

Au-delà du centre de documentation, les membres de l’équipe vous partagent en ce moment les ouvrages de leurs bibliothèques.

 

Catherine Meurisse, Le pont des arts, Petites histoires et grandes amitiés entre peintres et écrivains, 2012, Éditions Sarbacane, Paris

 

« Vous ne savez pas distinguer un chef-d’œuvre d’une croûte ? Laissez Baudelaire vous l’apprendre. Vous ne pouvez pas voir les fruits de mer en peinture ? Diderot risque de vous convaincre du contraire. Les impressionnistes vous lassent ? Zola vous remettra le compas dans l’œil… »

Visitez le musée idéal de Catherine Meurisse, où les peintres et les écrivains nourrissent des amitiés extraordinaires pour l’amour de l’art.

Diderot, Sand, Baudelaire, Zola… les plus grands écrivains et philosophes ont eu des liens étroits avec les artistes de leurs temps. Dans cette bande dessinée, chacun nous emmène au musée ou au salon des refusés, ou nous partage leurs échanges passionnés, parfois houleux, avec leurs contemporains. L’un comme l’autres, ils s’influencent et se répondent, s’analysent, se croisent et se lient. De la littérature à la peinture, il n’y a qu’un pas.

« Vous avez besoin d’art. Nous avons tous besoin d’art. »

Catherine Meurisse nous raconte des anecdotes historiques par sa plume, avec une pointe d’humour rehaussé d’un ton caustique. Elle nous ouvre sur les arts avec facilité, une bande dessinée qui ravie novices comme érudits par sa légèreté. L’ouvrage s’achève sur l’index des peintres et écrivains cités, avec de courtes biographies et infos clés.

Illustratrice et dessinatrice de presse française, rédactrice pour Charlie Hebdo (2005 – 2016), Catherine Meurisse est la première dessinatrice de bande dessinée à devenir membre de l’institut de l’Académie des Beaux-Arts en janvier 2020.

Au scénario et au dessin, elle publie Mes hommes de lettres en 2008, Savoir-vivre ou mourir en 2010, Moderne Olympia en 2014, La Légèreté en 2016, Les grands espaces en 2018 et Delacroix en 2019.

Publié par dans Actualités, Centre de documentation, Jeune Public
Ressources digitales d’approfondissement de la culture artistique

Ressources digitales d’approfondissement de la culture artistique

La Fabrique de l’Esprit s’engage à vous accompagner pendant cette période de confinement, qui, comme nous le savons tous, perdurera jusqu’au 11 mai 2020.

Les cours d’histoire de l’art n’ont bien entendu pu être maintenus. Les projets mis en place via les PEPS et les CDDC sont eux aussi suspendus, pour une durée indéterminée.

Nous sommes conscients de la difficulté des cours à la maison pour les parents. Les programmes ont été stoppés. La volonté des enseignants à délivrer des cours a pu compenser quelque peu ce retard. Nous tenons, nous aussi, à palier à ce retard, en proposant une liste non exhaustive des ressources permettant à tous de continuer d’apprendre, de s’amuser et de s’évader grâce à l’Art.

Le monde de l’art est violemment affecté, comme bien d’autres secteurs par la crise sanitaire qui nous frappe. Le maintien d’un lien avec le monde de l’art est plus que jamais nécessaire. Le lien s’entretient au présent, en continuant de créer, de s’inspirer et d’innover. Il s’entretient aussi avec le passé, en nourrissant ses connaissances artistiques au moyen du travail de mémoire, indispensable.

Outre les Open Studio proposés par La Fabrique de l’Esprit vous permettant d’entrer dans le monde de l’artiste, nous aimerions donc vous partager différentes ressources accessibles sur internet afin d’entretenir et de développer les connaissances de chacun en matière d’art. Retrouvez pour cela :

  • Une sélection s’adressant aussi bien aux plus jeunes comme aux plus âgés
  • Une sélection dédiée plus spécifiquement aux enfants
  • Une sélection en adaptée au niveau scolaire du jeune public et des programmes
  • Une sélection plus ciblée susceptible d’intéresser principalement les adultes

 

 

_____________________________

ADULTES

_____________________________

 

France Culture – PODCASTS

Les Carnets de la Création

Aude Lavigne

Une exploration quotidienne d’une création actuelle, du lundi au vendredi de 20h55 à 21h.

Aude Lavigne reçoit dans ce cadre les artistes de toutes les disciplines artistiques. Chaque soir un/e artiste, chaque soir une vignette pour découvrir de jeunes talents et des artistes rares.

______

L’art est la matière

Jean de Loisy

 

À retrouver tous les dimanches de 14h à 15h. Un tableau, une sculpture, un jardin… Découvrez ou redécouvrez ces chefs-d’œuvres passés à la postérité en compagnie de Jean de Loisy et d’artistes actuels. Archéologues, écrivains, poètes, ils ont marqué l’histoire des derniers siècles en découvrant ou commentant des chefs-d’œuvre de toutes les époques qui depuis appartiennent à l’histoire de l’humanité.

Jean de Loisy célèbre leur vision en s’attachant à chaque émission à l’une des œuvres qu’ils nous ont rendues indispensables. Des commentaires de spécialistes révèlent les secrets de ces objets insignes, alors qu’en invité principal, un grand artiste d’aujourd’hui nous dit en quoi ces œuvres du passé nous sont définitivement présentes.

 

______

Une vie, une œuvre

Irène Omélianenko

 

Une vie, une œuvre dessine chaque samedi à 15h, le portrait radiophonique de femmes et hommes d’exception.

Écouter Une vie, une œuvre, c’est s’arracher au temps et plonger, pour une heure, dans les passions qui irriguent la naissance de ces œuvres qui nous saisissent, nous interrogent, parfois nous bouleversent. S’attachant à un créateur, chaque documentariste compose, avec son réalisateur, un univers où s’inscrit la singularité de l’œuvre autant qu’une écriture de soi et du monde.

 

_______

Une vie d’artiste

 

Un magazine transdisciplinaire attentif à l’actualité de la création : chaque lundi soir de 23h à minuit, deux ou trois créateurs d’horizons différents se rencontrent, des vies d’artistes se confrontent.

______

La Dispute

Arnaud Laporte

Du lundi au vendredi de 19h à 20h, Arnaud Laporte ouvre le débat. A chaque discipline ses meilleurs critiques. Théâtre, danse, opéra, littérature, cinéma, arts plastiques, musiques, toute l’actualité culturelle sera discutée, analysée, commentée…

 

  • Le jeu de La Dispute : auditeurfranceculture@radiofrance.com
  • Règlement du jeu : https://fr.scribd.com/document/448257763/Reglement-Jeu-La-Dispute-2019

_______

Les Chemins de la philosophie

Adèle Van Reeth

Retrouvez du lundi au vendredi de 10h à 10h55 des podcasts sur le thème de la philosophie. Bien plus qu’une discipline, son but est de transformer la connaissance en art de vivre en considérant comme digne d’intérêt et de réflexion l’existence dans tous ses recoins.

 

Littérature, vie quotidienne, cinéma, musique, actualité, expérience personnelle : la philosophie ne connait ni contraintes, ni limites. Elle vise à transmettre le goût pour les questions plus qu’à délivrer des réponses.

Et tous les vendredis, Adèle Van Reeth donne aussi la parole à ceux qui font vivre la philosophie aujourd’hui.

 

_______

La Compagnie des œuvres

Matthieu Garrigou-Lagrange

Après plus de 4 saisons de « La Compagnie des Auteurs », consacrées à l’exploration des grandes figures du patrimoine littéraire, l’émission s’attelle désormais à toutes les disciplines : littérature (toujours), mais aussi arts plastiques, musique, cinéma, architecture ou arts de la scène. Tous les grands créateurs et les grandes créatrices sont dans La Compagnie des Œuvres.

 

Du lundi au jeudi de 15h à 16h, avec Matthieu Garrigou-Lagrange, penchons-nous sur une grande figure du patrimoine culturel mondial.

 

 

France Inter – PODCASTS

L’heure bleue

Laure Adler

 

Du lundi au jeudi de 20h à 21h, passez du jour à la nuit en douceur grâce à un entretien avec un invité qui parle de ses passions.

 

_______

Boomerang

Augustin Trapenard

 

Du lundi au vendredi à 9h10, autour d’un rendez-vous culturel, pop et piquant, qui puise dans l’actualité comme dans l’air du temps.

 

 

 

KAZoART

En terme de créativité, d’idées pratiques mais aussi de connaissance, le blog KAZoART permet de s’inspirer et de se cultiver. Il revient sur des artistes célèbres ou encore des chefs d’œuvre ayant marqués l’histoire de l’art. Il propose d’ailleurs 5 bons plans pour se cultiver en histoire de l’art, en proposant une série de sites spécialisés, des cours ou encore des conférences.

 

 

Connaissance des Arts

Cette page propose chaque jour des commentaires de spécialistes sur des œuvres d’art. De même, retrouvez une série de podcasts actualisée ainsi que des visites en Live, particulièrement depuis le début du confinement.

 

Le Monde

 

Dans la rubrique « Culture – Art » de la page internet Le Monde, vous pourrez retrouver toutes les actualités en France et partout ailleurs sur le monde de l’art de manière générale. La rubrique « Culture » comprend aussi des actualités sur la musique, le cinéma ou encore la littérature.

 

 

Beaux Arts

BeauxArts propose un accès gratuit et illimité jusqu’au 11 mai de ses ressources numériques ! Entre inspirations diverses, histoire de l’Art, concours pour les petits comme pour les grands, vidéos, playlistes, livres… Une source inépuisable d’enrichissement culturel, à la maison.

 

Arroi

 

Des articles d’actualité, généraux et parfois spécialisés pour les acteurs du monde de l’Art. Dans cet article, Arroi vous propose une liste de revues, de sites internet, d’articles, de podcasts, de réseaux sociaux permettant de vous cultiver sur tous thèmes d’actualité mais aussi sur des sujets plus ciblés en matière d’art.

 

Spotify

Pour les personnes qui possèdent Spotify, outre le répertoire innombrable de musiques, de nombreux podcasts sont disponibles.

Ici, retrouvez Le son de peinture. Étant donné la situation actuelle, Audiovisit, accompagnée de la Rmn-Grand Palais ont créé le podcast Le son de peinture : 350 chefs-d’œuvre des musées français, dans des podcasts de 2 minutes seulement et disponibles sur toutes les plateformes. Une bonne idée pour occuper l’esprit des plus petits et s’autoriser un après-midi pour soi.

 

 

Revues

NECTART

Éditions de L’Attribut

 

NECTART, tous les six mois, ce sont… des analyses sur notre monde en évolution ; des points de vue sur la politique culturelle ; des décryptages de l’économie culturelle ; des textes critiques sur l’éducation ; des articles de réflexion sur les mutations numériques ; des sujets sur les grandes tendances artistiques ; des réflexions sur l’art et les musées ; des éclairages sur la culture à l’international ; des paroles d’artistes ; des dessins d’illustrateurs ; un grand dossier d’actualité ; un entretien au long cours avec une personnalité de renom ; des auteurs venant d’horizons différents ; des rencontres partout en France… et des milliers de lecteurs.

 

LIGEA

Éditions Ligeia

Ligeia, dossiers sur l’art : revue fondée à Paris en 1988, sur un programme critique du post-modernisme. Se tenant à l’écart des modes et des impératifs marchands qui règlent la vie artistique, elle entend revaloriser le rôle du critique et de l’historien d’art, en agissant dans deux directions : d’une part, la promotion d’une réflexion rigoureuse sur l’art moderne et contemporain, d’autre part, le retour à l’historicisme comme catégorie critique essentielle dans le domaine artistique.

 

Autres revues à découvrir :

La Revue Audimat propose des articles long format sur la musique, écrits par des contributeurs français ou étrangers, pas forcément issus de la presse spécialisée. L’idée est d’ébaucher en langue française un discours critique exigeant, sans être abscons, sur la pop music, son histoire, son écoute, sa diffusion dans le monde

 

En avril 2019, les sociétés d’auteurs, aux côtés des artistes, gagnaient une bataille au long cours pour la défense du droit d’auteur avec le vote d’une directive, amendée et âprement négociée, au Parlement européen. Quel était l’objet de cette « directive droit d’auteur » ? Au-delà du bras de fer engagé avec les GAFAM, fortement relayé par les médias, les auteurs de ce numéro nous aident à mieux comprendre ce qui était en jeu : veiller à une juste rémunération des auteurs dans le monde numérique et défendre le système français de droit d’auteur bien plus favorable aux auteurs qu’il ne l’est dans les pays de copyright.

 

 

Quels espaces de création existe-t-il pour les designers qui souhaitent travailler avec les procédés de bio-fabrication ? Que ce soit dans l’attention aux opérations techniques ou la dé-couverte des imaginaires entourant les bio-artefacts, cet article invite les designers à porter un regard critique sur les bio-artefacts produits dans les laboratoires technoscientifiques. Nous y étudions en quoi le design peut opérer une conduite de la dé-couverte, allant dans le sens d’une authentification des techniques. Notre hypothèse est que le design, en portant un nouveau regard sur le faire technique, peut travailler à de nouvelles formes de bio-artefacts où le vivant ne sera pas réduit à une brique fonctionnelle, un optimum ou un modèle à copier.

 

La Nouvelle revue d’esthétique s’inscrit dans la tradition d’une réflexion sur l’art, réflexion ouverte qui privilégie les œuvres et tente de les penser pour ce qu’elles montrent. Réflexion qui a pour objet le domaine de l’art avec tout ce qu’il comprend : aussi bien les œuvres elles-mêmes que le travail qu’engendrent ces œuvres (critique, histoire, théories) sans oublier le travail culturel que l’art exerce au sein de la société. Pour répondre à cet objectif, chaque numéro comporte un dossier thématique, quelques « varia » accueillant des contributions extérieures, et un large spectre de compte rendus.

 

 

 

_______________________________

 Éducation – Jeune Public

_______________________________

 

 

Le petit Léonard

Le petit Léonard, partenaire de divers musées et institutions culturelles en France est un magazine d’initiation aux arts (art visuel, musique, histoire, littérature). Il permet de découvrir chaque mois un artiste, un courant artistique ou encore un monument célèbre. D’autres activités à réaliser en famille vous sont proposées.

 

 

Lumni

La rubrique « Petits pas vers l’art » propose de courtes vidéos de décryptage de la maternelle jusqu’au lycée. Ludiques, les contenus sont majoritairement vidéographiques, permettant de capter l’attention des plus jeunes.

 

Histoire des Arts

 

Le Ministère de la culture propose une sélection de ressources culturelles et artistiques adaptable en fonction du niveau scolaire. Le site s’organise en fonction du nouvel enseignement de l’histoire des arts: grands domaines artistiques, périodes historiques, thématiques.

 

 

Collège

Depuis 2018, l’oral du Brevet des Collèges peut prendre 2 formes, au choix des établissements. Ainsi l’oral du DNB peut concerner soit l’Histoire des Arts, soit être une soutenance orale dans le cadre d’un projet d’EPI (Enseignement Pratique Interdisciplinaire) mené sur l’année.

L’histoire des arts est donc un enseignement qui s’articule autour de six domaines artistiques : Arts de l’espace, Arts du son, Arts du visuel, Arts du langage, Arts du spectacle et Arts du quotidien. Le programme et l’organisation de cette matière sont très ouverts, et chaque établissement ou professeur est libre d’aborder ce cours sous des angles différents

Méthodes d’analyse, évaluation, différentes idées sur https://www.brevetdescolleges.fr/infos/histoire-des-arts-au-brevet-des-colleges.php

 

 

Lycée

Annales du baccalauréat, les programmes en vigueur, pour les série L avec option : https://eduscol.education.fr/arts-plastiques/enseigner/ressources-pour-les-examens-et-concours/annales-du-baccalaureat.html

 

 

 

Publié par dans Actualités
#L’œil éclos n°19

#L’œil éclos n°19

Marilou, 23 ans, en service civique avec La Fabrique de l’Esprit® nous offre son regard sur les œuvres de la collection Francès.

Donato Piccolo, Hors de qui je suis, 2007, pièce unique, vêtements, résine, élément robotique, 170 x 80 x 30 cm © Collection Francès

« C’est l’histoire d’un petit garçon, qui rentre tous les soirs de l’école, silencieux, le regard fuyant, vide. Il ne veut croiser le regard de personne, ni même celui de ses parents, il n’a pas la force de s’exprimer. Il se lève chaque matin, sans avoir vraiment dormi. Il doit se faire petit, recourber sa tête, porter des vêtements amples, sombres et passe-partout. Il aimerait disparaître, mais poursuit ce cycle infernal, faute d’un choix meilleur pouvant s’offrir à lui. L’autre choix lui semble libérateur mais anéantirait ses parents, déjà si inquiets et impuissants à la fois.

Cette œuvre pourrait être le reflet du quotidien de milliers d’enfants, qui subissent le harcèlement à l’école, un isolement forcé face à ce monde d’adultes inaptes. Intitulée « Hors de qui je suis » elle représenterait une forme d’aliénation que nous impose la société, réticente aux différences, et favorisant l’emprise des plus faibles, des plus jeunes avec cruauté, lesquels subissent une dite normalité sans référence autre. Cette aliénation est accentuée par les matériaux utilisés, notamment par l’élément robotique, opérant inlassablement le même mouvement. Ce dernier est violent, répétitif et obsessionnel.

La résine noire, opposée à ce mur blanc lisse et solide renforce encore davantage la violence du mouvement. L’enfant se trouve dans un coin, à l’image de l’humiliante punition réservée aux éléments perturbateurs. Cependant, la punition qu’il subit, il ne la comprend pas. Elle ne s’explique pas et provoque en lieu une quête à se taper la tête contre le mur.

Que reste-t-il de pensées dans l’esprit de cet enfant ? « Suis-je si différent des autres ? Pourquoi? Quel est mon problème?».

Sa tête est littéralement ailleurs, elle se décroche de son corps. Dénué de toute trace de joie, il ne trouve désormais le repos que dans la souffrance, et peut-être, il l’espère, qu’il finira par passer de l’autre côté du mur pour échapper à un quotidien insoutenable. Sa tête est sur le point de se détacher complètement, à la fois de ce monde et de ce corps, tombeau de l’âme, socle de toute matérialité qui l’empêche de s’évader. Ce mouvement s’ancre au plus profond d’une voie sans issue ».

Publié par dans Actualités
Résidences art et sciences – Prenez un bon bol d’air, découvrez l’atelier de Clément Borderie.

Résidences art et sciences – Prenez un bon bol d’air, découvrez l’atelier de Clément Borderie.

Certains artistes confinés redoublent d’ingéniosité pour aménager un atelier temporaire dans leurs appartements, une contrainte qu’ils confessent être parfois stimulante. D’autres, sont installés dans des campagnes où l’espace n’est pas une limite.

Le live open studio vous invite à découvrir les ateliers, les oeuvres et les sentiments des artistes dans ce contexte exceptionnel.

En ces temps de confinement, certains artistes ont la chance d’avoir accès direct à leur atelier. C’est le cas de Clément Borderie, qui nous fait découvrir son lieu de travail, où il vit et créé avec sa famille.

 

Découvrez son atelier et son quotidien durant ce confinement à travers plusieurs épisodes. Chaque épisode sera disponible sur la chaîne Youtube La Fabrique de l’Esprit et partagé sur les réseaux de La Fabrique.

 

▷ Mars 2020 Épisode 1 – « En attendant l’électricien »

Clément Borderie, avec Cat Loray et Marianne Vissière
Péraclos –  Image et montage : Jean-Marc Leprêtre

Publié par dans Actualités, Résidence