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Renouvellement accréditation « Club pour l’UNESCO »

Renouvellement accréditation « Club pour l’UNESCO »

La Fabrique de l’Esprit vient de renouveler son accréditation « club pour l’UNESCO ». L’association est à nouveau accréditée pour trois ans comme membre du mouvement des Clubs pour l’UNESCO.

Mouvement populaire mondial, les associations et clubs pour l’UNESCO ont pour objectif principal de promouvoir la compréhension et le soutien de la mission, des priorités et des programmes de l’UNESCO au niveau local.

Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, l’UNESCO cherche à construire la paix grâce à la coopération internationale dans les domaines de l’éducation, des sciences, de la culture, de la communication et de l’information. Cela se traduit par le développement d’outils éducatifs, de programmes culturels et scientifiques pour renforcer les liens entre les sociétés, aider les pays à adopter des normes internationales et favoriser la libre circulation des idées et le partage des connaissances.

L’Organisation se concentre en particulier sur deux priorités mondiales : l’Afrique et l’égalité des genres.

Pour plus d’informations :

https://unesco.delegfrance.org/-Reseau-des-Clubs-francais-pour-l-UNESCO-

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L’oeil éclos #24

L’oeil éclos #24

Léa 24 ans, en service civique recherche et documentation avec La Fabrique de l’Esprit® nous offre son regard sur les œuvres de la collection Francès.

Annie Leibovitz, JOHN LENNON AND YOKO ONO, NEW YORK 1980, Tirage au platine, édition 30/30, 1980,© Collection Francès

Une chambre. L’intimité. L’amour. L’amour, vraiment ? Quel est ce curieux portrait de couple au cadre parfaitement équilibré ? Je les connais, je les ai déjà vus. Dans des magazines, à la télévision, sur de vieilles images d’archives aux couleurs saturées par le grain de la pellicule. John Lennon et Yoko Ono, amants, amoureux. Ils sont enfermés dans ce petit cadre carré, parfaitement noir et fort. Allongés sur une moquette que je devine beige, ils s’enlacent. Plutôt, il l’enlace. Je suis frappée par le déséquilibre que je vois. Lui, totalement nu, s’accroche à elle de tout son être. Chaque fragment de sa personne est en contact avec sa femme, et il l’embrasse tendrement sur la joue. Son bras gauche fait le tour de sa tête, comme s’il souhaitait capturer son visage – comme un objectif ? -. Les yeux fermés, il est l’instant de tendresse emprisonné par la pellicule. Elle ne l’est pas.

Habillée, le visage fermé, Yoko Ono est allongée. Les bras derrière la tête, on la prend à rêver. Elle n’est pas là, elle s’absente de son regard. Elle est présente dans les yeux clos de l’homme qui l’étreint. Toute de noire vêtue, elle coule sur le sol, se répand. Il la retient, la supplie de ses mains de rester, de le voir comme il la voit. Mais elle ne le touche pas, elle ne le regarde pas, il n’existe pas. Son abondante chevelure de jais se fond dans le cadre et elle devient leur geôlier. Ils sont là, figés par l’étreinte de l’objectif d’Annie Leibovitz, déséquilibrés pour l’éternité comme un Yin et un Yang humain. La chaleur de John Lennon, nu, vulnérable, contraste l’indifférence de Yoko Ono. Ensemble, ils forment un couple au déséquilibre parfait. Le blanc et le noir, l’amour et l’indifférence, la dévotion et l’échappée. Tout cela capturé en un instant sur un tapis d’une chambre d’hôtel.

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L’oeil éclos #23

L’oeil éclos #23

Mathilde 24 ans, en service civique communication avec La Fabrique de l’Esprit® nous offre son regard sur les œuvres de la collection Francès.

Benoît Maire, Socrate 2, 2013, pièce unique, 28 x 42.5 cm © Collection Francès

A première vue, un buste de couleur cyan pastel. Un dégradé de bleus tout en transparence qui dévoile les traits d’un visage connu. Il suffit de s’approcher pour reconnaître les traits du philosophe grec. Un mélange de sérénité et de gravité figé dans le savon. Etonnant, vous ne trouvez pas ? Un matériau qui incarne la fragilité du temps, son caractère éphémère.

Scio me nihil scire disait Socrate, « je sais que je ne sais rien ». Une phrase qui a longtemps résonné dans ma tête et qui prend tout son sens lorsque j’observe ce buste. Une œuvre en perpétuel mouvement. Une œuvre qui fait face au temps. Une œuvre qui se façonne grâce lui. Une œuvre qui l’incarne. Une œuvre qui nous rappelle que rien n’est constant et que tout peut changer. Tout peut s’altérer. Les choses, les gens, le monde entier. Une œuvre qui incarne à la fois le changement inévitable mais aussi le renouveau. Le renouvèlement perpétuel de la connaissance, du savoir. Le caractère éphémère des choses laisse place au renouveau et à la possibilité d’apprendre et ce, tout au long de sa vie. De ne jamais prendre les choses pour acquises. D’apprendre, jour après jour, pour ne pas tomber dans l’ignorance. Pour ne pas sombrer. De remettre en question ce que l’on sait, ce que l’on est pour grandir, pour avancer. Pour créer, pour recréer.

En somme, cette œuvre nous invite à remettre en question ce que l’on sait du monde. Elle nous invite à réfléchir sur nos connaissances et sur ce qui nous entoure. Elle nous invite à prendre le temps d’observer, de s’arrêter quelques instants pour contempler ce qui est. Pour contempler ce présent qui ne dure pas, ce temps qui file. Socrate nous invite à découvrir la vaste étendue du savoir et à s’en imprégner, chaque jour durant.

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Open Studios en ligne : résidents de l’Institut Français à la Cité Internationale des Arts

Open Studios en ligne : résidents de l’Institut Français à la Cité Internationale des Arts

Du 22 au 24 mars prochain, l’Institut français organise sur son compte instagram @if_officiel, une nouvelle édition des open-studios en ligne des lauréats de son programme de résidence à la Cité Internationale des Arts.

A cette occasion, treize artistes venus d’Iran, Egypte, Venezuela, Cameroun, Brésil, Liban, Rwanda et du Mali, en résidence à Paris, présenteront leurs travaux en arts visuels, bande dessinée, cinéma, photographie et littérature.

Cet événement en ligne est l’occasion de repenser le format des portes ouvertes habituellement réalisées in situ, dans un espace-temps reconfiguré sur les réseaux sociaux.

Durant ces trois jours, l’Institut Français vous invite à pousser virtuellement les portes des ateliers de la Cité Internationale des Arts en parcourant le fil d’actualité de son compte Instagram. Des photographies, des vidéos et des témoignages d’artistes en résidence au premier trimestre 2021 (janvier-mars) seront partagés avec les professionnels et le grand public.

Découvrez le programme complet sur institutfrançais.com et retrouvez l’événement sur le compte instagram de l’Institut français @if_officiel

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Lycée Pierre Mendès – PEPS AFRICA 2020

Lycée Pierre Mendès – PEPS AFRICA 2020

La Fabrique de l’Esprit est intervenue au Lycée Pierre Mendès à Péronne dans le cadre d’un dispositif régional de l’Education nationale nommé PEPS. Dans le cadre de la Saison Afrique 2020, l’association a proposé un projet qui vise à mettre en lumière les problématiques sociétales et culturelles en Afrique s’appuyant sur les œuvres d’artistes contemporains comme Pascale Marthine Tayou, Lynette Yiadom Bokaye, Muholi Zanele.

Introduction et apports théoriques 

Dans un premier temps, les intervenantes ont présenté les apports théoriques sur la notion d’art africain : présentation géographique, démographique et historique de l’Afrique de 1880 à aujourd’hui afin de comprendre le contexte de l’art contemporain en Afrique. Plusieurs notions importantes ont également été définies : contemporain, colonisation, diaspora, anthropologie, panafricanisme, négritude ou encore le wax.

En outre, la Saison Africa 2020 a été introduite aux élèves ainsi que les enjeux et problématiques abordés par les artistes africains à travers leurs œuvres. Cette première partie théorique a permis aux élèves de prendre conscience des différents enjeux liés à l’art contemporain de nos jours.

Sensibilisation et création

L’objectif principal de ce projet est de sensibiliser les élèves aux recherches liées à l’art contemporain et aux problématiques sociétales. Outre la découverte de ces artistes contemporains africains, il s’agit également d’interroger le rapport entre arts, société et histoire.

Cette sensibilisation passe aussi et, avant tout, par la mise en route d’un processus créatif réalisé à partir d’objets recyclés, réinterprétés (sculpture, collage, photographie, installation) issus de pièces industrielles. Chaque groupe d’élèves y aborde une problématique différente : discrimination, migration, « sapologie » et environnement.

 

Les différents groupes ont travaillé durant plusieurs séances sur leur création. De l’atelier de soudure aux photos et vidéos montages en passant par la sculpture en laine de verre, la gravure ou encore l‘assemblage, les méthodes de création choisies par les élèves ont été variées.

La dernière séance sera, pour les élèves, l’occasion de travailler sur les cartels et la médiation liée à leurs œuvres. L’accrochage du projet et des œuvres dans la galerie Picabia de leur lycée est également prévu (cf. plan de la salle de la galerie).

 

Planning prévisionnel   

  • Séance n°1 : 12 janvier 2021 – 10h 13h

Présentation de l’association et du Peps

Les apports théoriques : « L’Art Africain et un focus sur une sélection d’artistes », les matériaux de récupération, l’art et les notions d’identité, histoire et environnement, le marché de l’art..

Visite de la Galerie Picabia

  •  Séance n°2 : Lundi 25 janvier 2021 – 10h-13h

Retour sur l’apport théorique – Création d’outils de médiation à travers la musique.

Confirmation des thèmes : Présentation et sélection des maquettes

  • Séance n°3 : Vendredi 29 janvier 2021- 9h00-12h

Finalisation des maquettes, plan de production et rédaction (cartels et médiation)

Production des œuvres et technique de soudure.

  • Séance n°4 : Vendredi 12 février 2021- 9h-12h

Usage des maquettes, plan de production et rédaction (cartels et médiation)

Finalisation des productions artistiques et technique de soudure.

Accrochage du projet et des œuvres. Finaliser les supports de médiation et présentation orale.

  • Séance n°5 : mercredi 24 mars à 9h00

Finalisation des maquettes, plan de production et rédaction (cartels et médiation)

Accrochage du projet et des œuvres.

Finaliser les supports de médiation et présentation orale.

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#Vendredi lecture – Anachroniques, Daniel Arasse

#Vendredi lecture – Anachroniques, Daniel Arasse

 

Daniel Arasse (1944-2003) est l’un des plus éminents historiens de l’art de notre époque. Bien que son domaine de spécialité concerne Léonard de Vinci, dont il a écrit plusieurs monographies, et la Renaissance italienne, son intérêt s’est souvent tourné vers d’autres artistes et époques. Il écrit en 1992 Le Détail. Pour une histoire rapprochée de la peinture[1], un recueil de plusieurs de ses ekphrasis destiné à interroger le dialogue entre l’œuvre et son regardeur. A cet ouvrage fait écho un second qui paraît quelques années plus tard, On n’y voit rien[2]Ce livre fait office, à bien des égards, de manifeste. S’extirpant des carcans académiques de la grande Histoire de l’Art – moquée gentiment entre les lignes – il écrit plusieurs dialogues entre un maître historien et son jeune disciple, démontrant à quel point l’érudition ne peut être séparée de l’observation et combien un esprit vif prévaut à un savoir infini. Il questionne le détail incongru d’œuvres étranges ou célèbres comme les fameuses Niñasde Velasquez. Avec une certaine malice et pédagogie, Daniel Arasse nous livre le fruit de son œil critique et acéré dans une forme ludique qui convient même aux moins initiés.

Ces dérives hors des sentiers de l’École florentine ne restent pas uniques. Après avoir livré un troisième ouvrage intitulé Histoires de peintures[3], qui confirme encore une fois le pouvoir de l’observation pour un historien de l’art, il est appelé à traiter d’un art plus contemporain. L’historien convoque alors sa plume et sa curiosité au service d’une analyse volontairement déviante, afin de dresser une monographie de l’artiste Anselm Kiefer[4](1945-). Cette escapade dans l’analyse contemporaine le pousse à interroger les limites de son expertise. C’est dans la préface du recueil que nous étudions aujourd’hui, Anachroniques, que Catherine Bédard nous livre cette réponse : « Daniel Arasse pose […] la question frontalement, notamment dans ses Histoires de peintures, pour préciser que l’art sur lequel il se sent autorisé à écrire est celui où il voit à l’œuvre la ‘‘relève contemporaine d’enjeux artistiques anciens’’[5]»[6]. Réfléchissant par le prisme de la portée intellectuelle de l’art d’hier et d’aujourd’hui, Daniel Arasse nous livre dans Anachroniques des réflexions vives et aiguisées.

Cet ouvrage se compose de dix textes écrits de 1993 à 2003. Daniel Arasse y consigne ses pensées autour d’artistes intimes et méditatifs, comme Andres Serrano, qui dans la grande tradition des transis, photographie dans sa série « Morgue » des cadavres presque christiques. Le second texte analyse le travail combiné de deux photographes, Alain Laframboise et Ian Paterson. Daniel Arasse compare ces deux maîtres de l’illusion photographique, du photomontage qui rejette le numérique. Encore une fois, à force d’observation il dégage de leurs travaux, si différents qu’ils sont, une mélancolie du souvenir et une contemplation intrinsèque. Vint ensuite le troisième texte, à propos de La Fermede Michael Snow. Cet artiste reprend la pellicule d’un film dans lequel figurent des vaches paisibles dans un pré. Ces pellicules ont ensuite été agrandies et montées pour enfin être présentées par l’artiste comme une œuvre d’art. L’historien de l’art interroge ce processus de raréfaction de la pellicule, de son montage à son exposition. Le quatrième texte concerne Anselm Kiefer, et le jeu de textes et d’images qu’il mène sur le terrain du souvenir – notamment de l’holocauste juif -. Daniel Arasse l’érige en Vulcain moderne, en démiurge créateur et gardien d’une mémoire déchirée. Revenant à une époque plus moderne, il fait un long détour par l’analyse de « La solitude de Mark Rothko », qui selon lui, « n’est pas actuel, […] n’est même pas contemporain, c’est un innovative modernist, quelque chose comme le dernier old master »[7]. Rothko, selon Daniel Arasse, serait un peintre expressionniste abstrait, aux œuvres monumentales caractérisées par leur intimité, entre mysticisme et humanité philosophique. L’historien le classe dans la catégorie du « sublime abstrait »[8], notamment par l’observation de ses Peintures noires, une série de toiles monumentales entièrement noires, dont le mysticisme coloriste atteint son paroxysme.

L’historien se dirige ensuite vers Cindy Sherman et sa photographie « féministe »[9] qui pose la question de l’identité des femmes dans une société vue par le prisme masculin. Il interroge la photographie de cette artiste à l’extérieur du succès qui fut le sien, le rapprochant des grottes maniéristes du XVIesiècle et du mythe de Narcisse. Comme un écho, il passe ensuite au travail de Max Beckmann et à ses miroirs. Ce peintre épris de natures mortes et de portraits dans la tradition cubiste se place dans la grande tradition des artistes du XVIIesiècle qui théorisent l’art comme une imitation de la nature, subordonnée aux grâces naturelles du monde. Le peintre utilise les miroirs comme une image de la nature, perfectible tant qu’elle n’est pas copie sous le pinceau de l’artiste. Il questionne la vraisemblance du reflet et la réalité dans ses toiles qui ne dépeignent pas le vrai, mais le vraisemblable. Le miroir se fait vecteur de l’émotion, de la profondeur du sujet. Ensuite, Daniel Arasse se fait exégète du travail d’Éric Rondepierre, dans un chapitre intitulé « Des images de rêve ». Il y questionne le voyeurisme aveugle du photographe dont la spécialité réside dans le fait de photographier des photogrammes. L’artiste interroge la matérialité de l’image cinématographique à travers ses extraits composés et décomposés d’images qui signifient selon lui la mort du corps filmique[10]. L’avant-dernier texte concerne le travail d’Alain Fleischer, une série photographique intitulée Exhibition. L’artiste photographie de nuit des projections d’images pornographiques sur les murs de villes diverses. Cette rencontre du public et de l’infiniment intime provoque une surprise et un malaise teinté d’amusement. Enfin, Daniel Arasse conclut avec « Ostinato Rigore », qui revient sur l’expérience artistique de James Coleman au Louvre, en confrontation à l’œuvre de Léonard de Vinci.

 

Anachroniques est donc un ouvrage aux thèmes extrêmement variés et curieux, qui ne cessent de bousculer une théorie définie de l’art. Daniel Arasse pense ses analyses comme des anachronismes domestiqués, contrôlés, atténuant leur caractère sauvage par des descriptions strictes et qu’il permet d’étendre en dehors des sentiers tracés grâce à son expertise incontestable.

 

Par Léa, en service civique Recherche et documentation.

[1]Daniel ARASSE, Le Détail. Pour une histoire rapprochée de la peinture, Ed. Flammarion, 1992, réédition 1994, 2014.

[2]Daniel ARASSE, On n’y voit rien. Descriptions.Ed. Denoël, 2000, réédition Ed. Folio-poche 2002.

[3]Daniel ARASSE, Histoires de peintures, Ed. Folio, 2006.

[4]Daniel ARASSE, Anselm Kiefer, Ed. du Regard, 2010.

[5]« Peut-on se faire historien de son temps », Histoires de peintures, ibid., p. 333.

[6]Daniel ARASSE, Anachroniques, préface de Catherine Bédard, Paris : Ed. Gallimard, coll. Arts et artistes, 2006.

[7]Daniel ARASSE, Anachroniques, Ibid., p. 83.

[8]Ibid. p. 88.

[9]Ibid. p. 95.

[10]Ibid. p. 126.

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« Retour à la peinture. La revanche des années 80 » – L’ŒIL MAGAZINE #741, Février 2021

« Retour à la peinture. La revanche des années 80 » – L’ŒIL MAGAZINE #741, Février 2021

L’ŒIL Magazine (numéro #741) a publié dans son dernier numéro, un article mettant en lumière le regain d’intérêt pour la peinture des nouvelles générations d’artistes. Un sujet plutôt vaste qui permet de comprendre que le médium de la peinture traverse le temps, tout en restant ancré dans l’histoire de l’art occidentale. À l’occasion de cette réflexion la Fabrique de l’Esprit, se questionne elle-même face à la place de la peinture dans la collection Francès.

 

« Trop peu de peintres trouvent aujourd’hui la reconnaissance muséale qui leur est due »

– Daniel Templon

 

Depuis les années 1990, en France, une vision unique des médiums de l’art contemporain s’est forgée par des réseaux de galeries, des centres d’art, des puissants collectionneurs privés, et enfin par les musées. Les installations, la photographie, les performances et les vidéos étaient les nouvelles normes de l’art contemporain. À en oublier la peinture et ses peintres. Beaucoup d’artistes comme Robert Combas ou Hervé Di Rosa ont été oubliés : « une mise au ban ». Pourtant, aujourd’hui, la peinture réinvestit la scène institutionnelle française. Notamment par la grande rétrospective de l’artiste Gérard Garouste en septembre 2022 à Beaubourg.

Le plus difficile pour un artiste c’est de durer. La peinture est une « surface agissante faite de couleurs, de matières, de fonds et de formes, qui puisse offrir au regard des sensations et des émotions ». Des échanges nombreux sont créés lors de nouvelles expositions mêlant le travail des aînés et celui des jeunes. Ainsi une peinture se regarde à l’infini et s’interroge constamment notamment à travers ses échanges qui participent au renouvellement fécond de la peinture contemporaine.

Alejandro Campins, Circo (Série Letargo), 2019, pièce unique, huile sur toile, 38 x 55 cm, © collection Francès

La peinture est un médium qui pâtit de la négligence des institutions publiques parisiennes durant de longues années, se souciant à la diversité des publics et à l’innovation permanente. Mais il reste important sur le marché de l’art et auprès des collectionneurs.

Ainsi la collection Francès, par ses nouvelles acquisitions, montre cet attachement au médium de la peinture.  La nouvelle acquisition des toiles de Sergey Kononov, Meow et Le Sommeil, illustre cette passion pour la peinture pour le jeune artiste ukrainien de 27 ans. Une peinture qui interpelle ses regardeurs que l’on retrouve aussi auprès des œuvres de son aîné, Alejandro Campins par sa série Letargo. L’artiste explore la notion d’intemporalité dans les paysages qu’il crée, enfermant une ambiguïté temporelle.

 

Aujourd’hui en posant un regard sur la collection dans une volonté d’avoir une vue d’ensemble, nous découvrons que la peinture est présente à 30% au sein de la collection Francès. Autour du thème de l’excès de l’homme nous retrouvons des artistes de nationalité différentes, comme : Lynette Yiadom-Boakye, Hans Peter Feldman, Oda Jaune, Jean Rustin, Yan Pei-Ming, Michael Kvium ou encore Tony Bevan,  Nous retrouvons aussi la photographie, à hauteur de 35 % dans la collection représentée par Andres Serrano, Richard Avedon, Diane Arbus, Marck Cohen et bien d’autres. Puis la sculpture et les installations, avec les artistes Berlinde de Bruyckere, Tracey Emin ou encore Kader Attia. Le dessin est aussi un médium présent au sein de la collection (10%), notamment avec les œuvres de Stéphane Sautour, Sam Francis, Mircea Suciu ou encore Eric Manigaud. Enfin, la performance et la vidéo ne représentent qu’1% de la collection Francès avec une palette d’artistes internationaux comme Regina José Galindo ou plus émergents comme Justine Pluvinage.

 

Dans le cadre de dispositifs scolaires spécifiques, la Fabrique de l’Esprit valorise ces peintures auprès des plus jeunes, notamment à travers le thème de « L’impact de la couleur sur le regardeur ». Un moment d’échange et de réflexions entre lycéens et intervenantes autour de peintures et de la signification de leurs couleurs.

 

Image à la une : Sergey Kononov, Le Sommeil, huile sur toile, 2017, © collection Francès

 

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Africa 2020

Africa 2020

En cette année 2021, nous retrouvons un événement artistique de grande ampleur en dépit du contexte pandémique, qui aurait pu en sonner le glas : Africa 2020. Il est devenu urgent depuis la Biennale de Venise en 2019, dont le pavillon africain stupéfia par sa richesse artistique, de mettre à l’honneur ce prolifique et immense continent souvent oublié par l’Europe. L’Afrique, qui fut longtemps empreinte d’une image coloniale d’artistes traditionnels, ancrée dans les racines de leur culture autochtone, mérite véritablement à s’épanouir au-delà de ses frontières et à mettre à l’honneur ses ressources. Grâce à l’événement Africa 2020, l’on souhaite montrer la place primordiale que prend le continent dans la scène artistique contemporaine, que ce soit au sein du marché de l’art, avec des artistes dont la cote ne cesse de monter comme Enam Ghewonyo, ou dans la production artistique, avec de nouveaux artistes propulsés sur le devant de la scène, tels que Georgia Maxim, ou Josefà Ntjam.

Cette saison, extrêmement fragilisée par la pandémie, s’adapte pour maintenir sa programmation malgré une visibilité réduite. N’Goné Fall, commissaire générale de la saison Africa 2020, nous apprend dans le magazine Beaux-arts de février 2021 que l’événement a été ajusté pour les plateformes numériques. De cette façon, un colloque scientifique s’est produit sur Zoom et les réseaux sociaux relaient les artistes à l’honneur, afin de faire patienter le public, mais aussi les musées et les FRACs qui dédient leurs espaces à la saison. Nous pouvons penser au musée d’Art moderne de Paris, qui s’est investi dans la saison Africa 2020 en réalisant l’exposition « The Power of my Hands ». Cette exposition met en avant la création manuelle majoritairement féminine, photographie, poterie, broderie, peinture…

Les créatrices narrent à travers leurs œuvres une intimité brimée et taboue, mettant en lumière les difficultés d’un monde patriarcal à l’histoire coloniale. C’est notamment le cas de l’artiste Enam Gbewornyo, qui emploie des collants couleur chair dans ses œuvres, les seuls longtemps disponibles sur le marché. Le pouvoir de l’intime est démontré dans sa violence et son pouvoir politique. La saison Africa 2020 se veut donc être un espace d’expression, poétique et politique, pour ses artistes.

La saison est également un terreau fertile pour la création artistique. Des résidences d’artistes sont mises en place, comme celles que la Fabrique de l’Esprit a réalisé en partenariat avec la cité internationale des arts de Paris et l’institut Français. En 2019, la Fabrique de l’Esprit reçu donc Aimé Mpané, qui réalisa la série « mes-tissages », et en 2020 l’artiste Malebona Maphutse.

Africa 2020 revêt également un aspect pédagogique moins connu du grand public, mais qui comprend trois cents projets d’échange entre la France et l’Afrique. Des étudiants attendent des conditions sanitaires plus favorables pour pouvoir voyager, tout comme les artistes. L’UNESCO et l’Éducation Nationale ont également signé une convention pour promouvoir l’Histoire artistique africaine dans l’enseignement. Membre du mouvement des clubs français pour l’UNESCO depuis 2017, la Fabrique de l’Esprit s’inscrit dans cette démarche pédagogique, elle organise notamment un dispositifs complet au lycée Pierre Mendès à Péronne, et au lycée Jules Urhy à Creil dans l’Oise, sur le thème Africa 2020.

Les élèves créent une réflexion autour des œuvres d’artistes africains, tels que Pascale Marthine Tayou, ou Lynette Yadom-Boakye, dont certaines œuvres sont présentes dans la collection Francès. Par le biais de ces ateliers, les élèves découvrent l’histoire et les expérimentations de ces artistes, souvent binationaux tant les migrations culturelles les incarnent. Pascale Marthine Tayou crée des œuvres en chocolat, des objets du quotidien qu’il hybride et interprète pour croiser et interroger les regards entre continents africain et européen. Lynette Yadom-Boakye, quant à elle, peint en un jour des scènes du quotidien suspendues dans le temps.


Figure 1 : Pascale Marthine TAYOU, Poupée Pascale (Passeport Bantou 09), 2001, Cristal, chocolat, techniques mixtes, 60 x 25 x 18 cm, © collection Francès, Senlis

Le but pédagogique de cette saison est de faire découvrir des artistes méconnus du jeune public français, tout en créant un dialogue avec ces artistes et leur production. L’étude de leurs œuvres, dont la collection Francès se fait témoin, déplace un point de vue euro centré vers une vision polycentrique de l’art.

Figure 2 : Aimé Mpane Enkobo, Série On crève ici, 2007, Portrait gravé et peint sur bois : taille directe à l’herminette de panneaux de bois multiplexface aux modèles, acrylique, 31 x 32 cm, © collection Francès, Senlis

 

 

 

Image à la une : Lynette YIADOM-BOAKYE, A Quarter, 2013, Huile sur toile, 200x160cm, © Collection Francès, Senlis.

 

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1% artistique autour de l’oeuvre d’André Borderie au Lycée Amyot d’Inville, Senlis – Séance 3

1% artistique autour de l’oeuvre d’André Borderie au Lycée Amyot d’Inville, Senlis – Séance 3

Les élèves ont présenté individuellement leurs projets de mise en valeur de l’œuvre d’André Borderie. Planches d’inspirations, dessins, croquis, peintures, recherches, collages… ont traduit leurs réflexions. Toutes ont reflété une volonté de s’approprier l’œuvre, d’en faire un espace de rencontre, un point de rendez-vous. La mise en lumière est un axe clé pour valoriser l’œuvre, bien pointé par les élèves tant pour l’intérieur que depuis l’extérieur de l’établissement.

Un cheminement est aussi souvent proposé, suggérant une déambulation autour de l’œuvre, avec un mobilier urbain. Quelques élèves ont placé le cartel de l’œuvre au cœur de leur projet de création.

Après avoir vu l’ensemble des travaux proposés par les élèves, les éléments récurrents se sont dégagés et la réflexion s’est portée sur les besoins nécessaires à la réalisation d’un projet commun et pérenne.

En 5 étapes :

  • Traitement de la végétation – sélectionner les végétaux qui peuvent rester autour de la sculpture et ceux qui doivent être enlevés pour permettre sa lisibilité dans une cohérence globale, à réaliser avec les agents techniques du lycée ;
  • Pose d’un gazon résistant suite aux modifications du paysage ;
  • Éclairage de l’œuvre – installation de projecteurs autour de l’œuvre, favorisant un système à énergie solaire si possible ;
  • Création et installation de mobiliers / bancs aux abords de l’œuvre
  • Signalétique: fabrication et installation du cartel de l’œuvre

 

Une exposition en préparation

A travers l’étude de l’œuvre d’André Borderie et les recherches réalisées par les élèves, une exposition prendra place dans la galerie de l’établissement en avril, présentant les études préparatoires, maquettes et photographies.

Les élèves se répartissent les phases de préparation comme suit :

  • Groupe 1 : présentation du projet,
  • Groupe 2 : 1% artistique,
  • Groupe 3 : biographie de l’artiste,
  • Groupe 4 : cartel et présentation de l’œuvre

L’ensemble constituant la médiation de l’exposition et du projet.

Le prochain rendez-vous aura lieu sur le terrain, face à l’œuvre, avec les agents techniques du lycée, pour lancer la première étape : redonner de la visibilité à l’œuvre d’André Borderie.

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